
Créée en 1964, l’Université Félix Houphouët Boigny, après soixante-quatre ans d’existence a su relevé d’innombrables défis, notamment dans la formation et la production du savoir. D’Unité de Formation et de Recherche en Unité de Formation et de Recherche, les nouvelles au sujet du savoir scientifique qui couraient semblaient témoigner du progrès de ce temple du savoir.
Cependant, ces dernières années, depuis sa réouverture après la crise post-électorale autrefois qualifiée d’université de référence, tant pour ses nombreuses filières que pour la qualité du savoir produit et dispensé, fait face à des réalités qui concourent à la réduire à un centre de d’encadrement livré à lui-même, obligé d’œuvrer avec les moyens de bord.
Les réalités difficiles qui minent l’Université Félix Houphouët Boigny d’aujourd’hui sont entre autres :
En effet, l’inadéquation des infrastructures fait référence à la façon dont sont construits les bâtiments et aux matériels dont disposent certaines UFR de l’université et qui ne cadrent pas avec leurs besoins primaires. Cette discordance mène à des problèmes généraux tels que l’insuffisance de ressources à savoir les livres, les amphithéâtres qui ne correspondent pas à l’effectif des facultés (les lettres et droit pour ne citer que ces deux), le manque de salles d’études, les outils informatiques ainsi que les matériaux de laboratoire qui conduisent à la réduction de la qualité de l’enseignement et de la recherche des étudiants. L’un des soucis majeurs est surtout que les infrastructures sont mises en places d’une certaine manière à ne pas tenir compte des étudiants handicapés, ce qui freine non seulement leur déplacement, mais également leur désir d’aller à la recherche du savoir et leur accès aux données qui sont uniquement destinés aux personnes exemptes.
L’UFHB assiste une insouciance des instances dirigeantes vis-à-vis de certaines Unités de Formations et de Recherches en terme de réaction et d’intérêt surtout quand il s’agit d’apporter des solutions à des problèmes spécifiques dans certaines facultés. Une telle attitude n’est pas sans inclure la priorisation inégale lorsqu’il y a lieu d’allouer par exemples des budgets et/ ou des ressources. Cette inégalité concerne à coup sûr le financement des projets de recherche parfois jugés ‘’moins important’’ pour la société ivoirienne. Ces agissements arbitraires tendent à limiter le développement et la créativité au sein desdits départements.
Pour ce qui est du surnombre des étudiants dans les facultés, les résultats auxquels il faut s’attendre c’est un impact sur l’engagement des enseignants. Un enseignant qui se retrouve face à un effectif débordant ne peut prétendre s’assurer que le savoir dispensé est acquis. Cette surcharge des salles de cours a aussi le pouvoir de faire déserter bon nombre d’étudiants en raison, du stress, de la non pertinence du contenu des cours dispensés qu’ils trouveront pour la plupart du temps sans intérêt commune avec leurs besoins et leurs objectifs de carrière.
Face à de telles évidences, il n’y a de raisons de parler d’un futur prometteur, à moins que ces problèmes ne soient pris en charge et traité avec soins.
En guise de solutions qui pourraient contribuer à la pérennisation de l’université et son efficacité, voici des recommandations à l’endroit de l’Etat ivoirien :
Si des mesures ne sont prises pour remédier aux problèmes, il n’y aura pas, dans cinquante ans, d’université, mais un ensemble de bâtiments où viendront errer sans savoir où aller, ceux qui y seront orientés. L’université sera réduite à disparaitre ou ne servira pas à grand-chose dans la société ivoirienne et sera vue comme une machine à faire des chômeurs.
Par HAMED KONDA